Le département

Le Département, cré-acteur culturel

Le Conseil départemental, en créant sur le territoire un équipement culturel inédit, totalement voué à l’accueil d’expositions affirme son implication comme acteur déterminant de la culture.

 

L'HDE Var, naissance d'un lieu

Le Département du Var transforme l’ancien bâtiment des archives départementales de Draguignan en un lieu culturel unique dédié à l’histoire et aux civilisations. C’est ici que sera inauguré, dans quelques mois, l’Hôtel départemental des expositions (HDE Var).

Cet édifice conçu à la fin du 19e siècle, annexe de l’ensemble architectural composant alors la Préfecture du Département, devenue sous-préfecture, ferme la perspective haussmannienne du boulevard Clemenceau, artère principale de la ville. Bâti pour conserver les archives départementales, transformé en bureaux, il abritera dans quelques mois des expositions sur l'histoire et les civilisations. Mais avant cela, d'importants travaux y sont effectués pour un montant total de 6,8 millions d’euros*.
Sous maîtrise d'ouvrage du Conseil départemental du Var, propriétaire des lieux et initiateur du projet, l’édifice situé exactement à l’angle des boulevards Foch et Clemenceau, mue en un vaste espace d'exposition dédié à l'accueil d’oeuvres d'art mondialement connues. "La vocation future du bâtiment a conditionné le choix de son organisation et la façon de s'en saisir", explique Frédéric Pasqualini, architecte concepteur. "Le principe est de profiter de ce lieu sophistiqué à l'intérieur duquel, une fois qu'on a libéré l’espace tout en préservant l'intégrité de la structure, apparaît un potentiel de surface imposant et intéressant, au service des futures expositions".

La façade, de style à la fois classique et palladien, à l'aspect très ordonné, a été préservée. "L'idée est de déporter toutes les dispositions de circulation sur un bâtiment annexe qu'on ne perçoit pas depuis la rue", précise l'architecte. Il s'agit d'une aile satellite, en retrait du plan de façade, "travaillée avec des principes de pierres". Sa structure, un exosquelette en béton habillé de terres cuites, est décollé du mur existant par une verrière. Dans ce volume, la pièce maîtresse est un escalator desservant les différents étages de l'Hôtel départemental des expositions. Un élément moderne et fonctionnel qui permet de s’affranchir de la contrainte du lieu : une articulation tout en hauteur. Les espaces d'expositions, sur 650 m² répartis en trois niveaux, sont ainsi aisément accessibles. Cet escalator se dévoile après avoir franchi l'accueil du bâtiment, revisité. "Dans une écriture d'intégration, on étend le parvis et on recrée un dispositif d'emmarchement qui préserve l'intégrité de la façade mais qui, en même temps, permet d'identifier le lieu d'exposition et offre de bonnes conditions d'accueil", indique Frédéric Pasqualini. L’Hôtel départemental des expositions doit être vu et reconnu, depuis la rue. Outre la façade, un autre élément d'origine du bâtiment est conservé, participant à son identification, sa signature. Appelé "mur d'échiffre", il s'agit d'une des pièces maîtresses de la structure. Conçu initialement pour alléger les portées des étages, il devient, avec la nouvelle fonction des lieux, un élément de décor. S'élevant sur l'ensemble des trois niveaux dédiés aux expositions, il fait le lien entre les espaces, servant de fil conducteur au parcours entre les oeuvres dont certaines, y trouveront place. Des vitrines d’expositions ont en effet été intégrées à ce mur central.

Modulables à souhait, elles peuvent être compartimentées ou cachées. Le but étant d’avoir un équipement qui s’adapte aux événements. Et pour répondre à tous les besoins et être en mesure d’accueillir tous types d’oeuvres, notamment de grandes sculptures, la hauteur de l’Hôtel départemental des expositions du Var a été optimisée grâce à la libération totale des combles et la suppression de l’étage le plus élevé. Ainsi, au plus haut niveau d’exposition, cinq mètres séparent désormais le plancher du plafond habillés de poutres et de voûtains, conservés. "Les planchers sont constitués de voûtains en briques soutenus par des poutrelles métalliques. C'est typique de l'architecture de la fin du 19e siècle. Plutôt que de les dissimuler derrière de faux plafonds, on a fait le choix de les conserver", souligne Frédéric Pasqualini. "Les charpentes, dégagées et poncées, conservent également leur caractère brut". Ces éléments architecturaux, loin d’être gommés, sont là pour rappeler l’identité des lieux. Ils sont un lien entre histoire et modernité, entre passé et présent.

Ils participent à l’écriture de la nouvelle fonction du bâtiment : un lieu d’exposition temporaire de renommée nationale. Pour se hisser à la hauteur des plus grands lieux artistiques de France et d’ailleurs, être digne de leur confiance et en mesure d’accueillir leurs oeuvres et les montrer, la scénographie mais aussi la sécurité de l’HDE Var ont fait l’objet de toutes les attentions. Taux d’humidité, luminosité, système d’alarmes, issue de secours, mobilier d’exposition… Ces aspects du projet ont été pris en compte dès le commencement. Parfois, ils s’imbriquent les uns les autres, au service de l’espace, de son optimisation. Dans l’extension, par exemple, ont été concentrés tous les volumes de circulation : escalators, monte-charge pour les oeuvres et issue de secours. Concernant la lumière, bien que les fenêtres aient été conservées en façade, elles ont été opacifiées de l’intérieur. Ceci ayant un double avantage : gagner de la surface d’accrochage et préserver les pièces exposées sensibles à la lumière du jour. Pour éclairer ces dernières, des rails de projecteurs sont intégrés aux voûtains. Quant aux vitrines contenues dans le “mur d’échiffre”, elles répondent aux normes de sûreté sans qu’aucune serrure ne soit visible à l’oeil des visiteurs.

“Moins on voit ce que nous avons réalisé, plus cela signifie que nous avons bien fait notre travail”, analyse Philippe Maffre, du cabinet Maffre Architectural Workshop, en charge de la scénographie des lieux. L’Hôtel départemental des expositions a également été équipé de détecteurs de mouvements et de chocs ainsi que d’un système de traitement de l’air totalement dissimulé, garants de la sécurité et de la bonne conservation des objets d’arts prêtés lors des futures expositions. Une fois les travaux finis, l’hygrométrie de l’ensemble sera testée durant un mois, permettant de vérifier les conditions d’expositions exigées par les musées et collectionneurs prêteurs. "Il faudra que tout soit
parfait à ce moment-là"
, sourit Frédéric Pasqualini. "Ce sera une sorte d'état zéro du bâtiment afin de vérifier qu’il correspond bien à ce qu’on attend de lui". Ce lieu, sera alors fin prêt pour incarner sa nouvelle fonction : Hôtel départemental des expositions du Var.

*Montant total TTC comprenant la déconstruction, le désamiantage et l’aménagement, l’équipement et l’extension du bâtiment existant ainsi que les coûts d'études préalables, de diagnostics, de maîtrise d'oeuvre et aléas divers de chantiers.

 

 

Le Conseil départemental du Var, une expérience reconnue dans l’organisation d’expositions 


Depuis près de 20 ans, le Conseil départemental du Var s'est affirmé comme un acteur majeur de l’art sur son territoire. En 1999, il a créé à Toulon l'Hôtel départemental des Arts, plus communément appelé HDA Var, centre d'art du Département. De nombreux artistes internationaux s'y sont exprimés tels Claudio Parmiggiani, Massimo Vitali, Georg Baselitz, Jannis Kounellis, Bernar Venet, Bernard Plossu, Pedro Cabrieta Reis, Harry Gruyaert, Joel
Meyerowitz, Alain Fleicher ou encore Enki Bilal et Joana Vasconcelos.

Photographie, peinture, arts numériques, installations, sculpture, architecture ,bande dessinée ou street art ont ainsi fait l’objet d’expositions. Des projets artistiques uniques, créés in situ, ont contribué à l'excellente réputation de ce lieu, reconnu à la fois par les professionnels de l'art comme un lieu extrêmement qualitatif et par le public, séduit par la clarté des contenus proposés. En 2019, 75.000 visiteurs ont fréquenté les expositions de l'HDA.

Le Département du Var a depuis vingt ans constitué une collection d’art contemporain de près de 600 oeuvres qui fait l’objet de prêts et d’expositions. Le Muséum départemental du Var bénéficiant du label "Musée de France" organise également deux expositions par an en lien avec les sciences afin de mettre en valeur les 180 000 objets de sa collection.

L’abbaye de La Celle, monument du XIIIe siècle classé au titre des Monuments historiques situé sur la commune de La Celle, dans le centre Var, accueille deux expositions par an. Elle fait actuellement l’objet de travaux de restauration.